Article de Gérard SIMON   http://culture.celtie.free.fr/

 

Ah ! comme il est plaisant de recevoir, enfin, le nouveau disque de… Monsieur Claude BESSON !

Il faut dire que ce brillant artisan breton de la mélodique chanson à texte nous a bien fait languir, depuis la parution de son dernier et merveilleux album personnel, « Arbres », éclos… en mars 2009 ! (Voir notre article).
Il aura fallu patienter durant une longue, une trop longue parenthèse, consacrée à deux albums de reprises consécutifs :
« Claude BESSON chante Georges BRASSENS » (Voir notre article) et « Hommage à mes profs » (Voir discographie).
Le trop humble artiste qu’il est, pourtant fin sculpteur de mots et de mélodies ciselées, avait, probablement, besoin de rassurer son indiscutable talent, en demandant virtuelle caution auprès de ses maîtres ?

 

Mais, très cher Claude, vous le savez et nous l’avons constaté au cours de vos concerts, votre fidèle public sait très bien que l’élève que vous croyez être encore, a, depuis quelques albums, déjà, sinon dépassé les plus grands, vos plus précieux, mais égalé vos « références ».
Au terme de vos intimes et si chaleureux spectacles, la vente de vos disques ne trompe pas sur cette certitude. Ce sont les gravures « 100% BESSON » qui font le coeur de cible de l’avide demande de votre public, désireux de prolonger l’émotion de la rencontre qui s'achève, toujours, trop tôt… bien qu’il soit, toujours, déjà, bien tard !

Le voici, donc, ce nouvel opus, tant attendu et dénommé « Mes bonheurs de Porcelaine », titre donné en référence aux cadeaux, à ces petits bonheurs qui vous paraissent si précieux et que vous recevez, à très juste titre, lors de vos soirées, littéralement, « données » sur scène, en réponse à votre indéniable générosité artistique et humaine.
10 titres, réalisés dans le contexte technique d’un « Made in Kerouze » de grande qualité. Plus de 58 minutes d’un nectar de notes et de mots, élaboré par ce passionnant auteur-compositeur-interprète viennent, ainsi, en ces temps heurtés par les invectives, les polémiques et les rythmes formatés et récurrents, épancher notre intense soif de beaux verbes et de sons gracieux.
Elégamment habillé d’une jaquette où, sur le recto, l’instrument prime sur le visage, modestie raffinée bien conforme au personnage, le CD est accompagné d’un indispensable livret où l’intégralité des textes y est couchée. Impérieuse initiative car, BESSON, s’écoute… et se lit !
Nous n’entreprendrons pas dans cet article une revue systématique, une inutile analyse de chaque titre, considérant que les mots choisis et suffisamment explicites de Claude BESSON suffisent à eux-mêmes.
Il serait outrecuidant « d’hausser le ton » sur ses propres dires. C’est ainsi, lorsqu’il y a, comme dans cet opus, un fort solide contenu.

Tout au long de cet album, l’expression littéraire de Claude BESSON évolue, entre autres, au fil des pistes, entre pudiques et juvéniles souvenirs parisiens, « Rue de l’Arbre Sec », humour aiguisé, « Quel malheur d’être un mari bricoleur », nostalgie, « Avant les avions et les bateaux », évocation d’actualité sociétale, « La professeure blessée », billet d’humeur, « Procrastination’blues », états d'âme souvent vus, de manière réitérée, par le filtre… le philtre d’un résistant amour pour une certaine princesse… une Armoricaine !
Nous pardonnerons, volontiers, à l’auteur certaines visions quelque peu nostalgiques du passé, « Avant les avions et les bateaux », voire, idéalistes, idylliques, « Amis si proches de l’amour ».
En effet, notre bel artiste n’est pas, comme nombre d'insupportables prosélytes régressifs ou utopiques, « biens
 penseurs... qui ne pensent pas », du moins, qu'au travers d'autres figés dans l’élément de langage régurgité et doctrinal prônant le : « c'était bien mieux avant » ou le systématique « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ».
Pour avoir l’honneur de connaître, un peu, l'artiste, nous savons la véracité de ses pensées, de ses actes et espérances baignés d’un réel humanisme qui n'est pas de simple posture. Alors, pour ces intimes ressentiments proposés, mais non imposés par le jeu d'un quelconque engagement appuyé... respect !

Musicalement, l’album est plus que très agréable, parce que voguant sur des styles très variés. ballade, swing jazzy, valse, quasi-rock, bluesy, se succèdent dans le chronologie d'une programmation très judicieuse qui fait paraître, trop court, le chemin.
La guitare pare de ses plus belles enluminures sonores la quasi-totalité des plages, notamment, dans « Rue de l’Arbre Sec », ou au coeur de « Avant les avions et les bateaux » où deux veloutés solos de 6 cordes semblent disciples du son de Mark Knopfler.
A retenir, également, une fort harmonieuse volute de seconde voix qui, ponctuée, dans une vaporeuse réverbération, enjolive, en profondeur picturale, « Le bal de Roz ».

« Mes bonheurs de Porcelaine » est, manifestement, un album que nous vous conseillons, vivement, d’acquérir, tant il est riche d’instants différents et authentiques.
Ecoutez, réécoutez-le, vous y découvrirez, à chaque passage, des subtilités, tant dans les notes que dans les mots.
Nous avons hâte de redécouvrir ces titres, ou du moins quelques-uns soigneusement choisis par l’artiste, lors d’un prochain spectacle que, Mesdames Messieurs les organisateurs, vous ne manquerez pas de programmer en étant certains, comme lors du franc succès des Celtomania (voir notre reportage), de choisir l'évidente qualité !

Monsieur BESSON, dans votre texte du titre éponyme qui ouvre votre très bel album, vous écrivez :
« Qu’y a-t-il de plus beau que de plaire ? ».
Rien… et vous nous avez, une nouvelle fois, plu.. même séduit !

Gérard SIMON